Jeux interdits

Publié le par Laurent Checola

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Quand le journal le Figaro s'intéresse au jeu vidéo, c'est uniquement dans les pages saumon (le jeu vidéo, ce business florissant) ou dans la rubrique faits divers (le jeu vidéo, ce mal du siècle). Dans un article paru le 24 août, les deux perspectives convergent enfin, pour le plus grand bonheur de Nicolas Beytout, le rédacteur en chef de la publication. Thème de l'article : les jeux d'argent sur mobile, interdits en France.


La journaliste, Valerie Collet, déplore le monopole étatique sur les jeux d'argent.


À l'heure actuelle, seule l'entreprise publique offre un accès légal aux jeux en ligne via son site Internet fdesjeux.com. En avril, La Française des jeux affichait 800 000 clients sur ce site, accessible sur un téléphone portable grâce à l'Internet mobile. Mais son ambition ne s'arrête pas là. L'entreprise a investi 26 millions d'euros dans son système d'information en 2005 et devrait maintenant ouvrir sa plate-forme de jeux en ligne au téléphone mobile.


Un monopole soigneusement encadré par la loi.


Techniquement, le téléphone portable pourrait se transformer en machine à sous pour tous les as du jeu payant. À chaque transaction, casinotiers et éditeurs de jeux pourraient allouer une part de leurs revenus aux opérateurs de téléphonie mobile. Mais ce rêve n'est pas prêt de se réaliser : la loi interdit la moindre mise. Même l'envoi d'un simple SMS pour participer à une loterie est considéré comme illégal.


La journaliste de dénoncer les irrégularités de certains sites de paris peu scrupuleux.


Quelques éditeurs de jeux franchissent la ligne rouge en proposant de parier « sans frontières » sur le mobile. Comme si le téléphone et l'Internet affranchissaient leurs utilisateurs des lois nationales. Gamebookers, une filiale du leader du jeu en ligne, l'anglais Party Gaming, affiche un grand nombre de Français parmi ses clients. Tous délinquants si l'on s'en tient à la législation actuelle. « Au bout de trois mois, nous totalisons 270 000 clients inscrits et 56 000 actifs », se félicite Jo

hn O'Malia, le directeur général de Gamebookers, spécialisé dans le pari sportif sur le téléphone mobile. Selon lui, 15 % d'entre eux sont français. « Ils aiment le sport, ils sont bien entraînés aux jeux en ligne grâce à La Française des jeux. Ils misent plus que la moyenne : 8 euros au lieu de 5,80 ».


Et de démontrer que les opérateurs téléphoniques sont complices de tels agissements.


Mais les joueurs français qui s'inscrivent sur un site Internet de jeux payants en ligne et s'y connectent ensuite grâce à leurs mobiles pour engager des paris ne sont pas les seuls à enfreindre la loi. Leurs opérateurs sont considérés comme « complices ». Les portails Internet de Bouygues Telecom, Orange et SFR se contentent pour l'heure d'afficher des jeux qui ne coûtent que quelques SMS surtaxés. Un petit business toléré qui rapporte déjà quelques dizaines de milliers d'euros.

Publié dans Modes

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