De l'opium du peuple à l'effet placebo

Publié le par Laurent Checola

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Le jeu vidéo est bel et bien le nouvel opium du peuple. Non pas parce qu'il rend dépendant tous ceux qui ont le malheur d'y goûter, mais parce qu'il joue un rôle anesthésiant, mesuré par des chercheurs. Ce rôle bénéfique sur le psychisme pourrait contribuer à aider des enfants à guérir de leur maladie.

 

Des scientifiques du Maryland ont en effet démontré l'effet inhibant du jeu vidéo sur la douleur. Pour ce faire, les chercheurs ont mobilisé 60 enfants, âgés de 5 à 12 ans. Pour tester la douleur, on immerge le bras de l'enfant. En moyenne, celui-ci résiste une vingtaine de secondes. Or, quand un enfant joue simultanément à un jeu vidéo, alors que son bras est toujours dans l'eau, il peut cette fois-ci tenir pendant presque une minute et trente secondes. Un jeu, nommé Free dive, a spécialement été élaboré pour la démonstration. Les résultats positifs de l'expérience confortent les choix des concepteurs.

 

Our goal is to provide a visual and auditory shield that will deflect the experience of scary and painful routine procedures?like shots or IV insertions

explique un responsable de la conception.

 

A l'aune de cette expérience, d'autres jeux pourraient ainsi voir le jour. Re-Mission, un jeu de tir à la troisième personne, montre en effet l'exemple. Le joueur est happé dans une aventure digne du Voyage interieur. Le héros du jeu, un être miniaturisé prisonnier dans un corps humain, doit affronter et détruire les cellules cancéreuses. Testé sur 375 patients atteints du cancer, âgés entre 13 et 29 ans, il est apparu que 217 participants à l'étude prenaient plus régulièrement leurs antibiotiques.

 

Mais cet élan philantropique pourrait servir de prétexte à des multinationales de la santé, rompues à l'art de communiquer. Sous couvert de promotion de l'hygiène bucco-dentaire, Colgate multiplie les petits jeux en ligne, mettant en scène des personnages colorés. D'autres entreprises, méditant le potentiel mercantile de telles initiatives, ne manqueront pas de transformer les enjeux sanitaires en vaste campagne publicitaire.  

Publié dans Modes

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