Esprits formatés

Publié le par Laurent Checola

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Avec la verve qui lui sert d'épithète homérique, l'épique président d'Epic, Marc Rein avait en juillet dernier fustigé l'idée d'un jeu « épisodique ». Intérêt proportionnel à la – faible – durée de vie, format impropre à drainer les ressources publicitaires... Pour M. Rein, le jeu épisodique est un faisceau de déconvenues, une évolution inutile du format vidéoludique.


Tel n'est pourtant pas l'avis de certains éditeurs, et non des moindres, qui ont récemment affiché leur confiance en ce format. D'après Take two interactive, la célèbre franchise GTA 4Half Life 2.
fera ainsi l'objet d'une déclinaison épisodique, comme ce fut pour


Pour les prosélytes du format court, les deux approches ne sont pourtant pas contradictoires.

Do you want a TV series or do you want movies - or a mixture of both? It's like they've had a diet of feature length experiences for a long time and this is their first chance to try something different.


résume ainsi un responsable de Valve, le développeur de Half Life.


Il n'est pas choquant en soi, que le format monolithique du jeu vidéo soit ainsi bousculé. Mais comme le rappelle Chris Morris, de CNN, de nombreuses difficultés structurelles entravent le développement du jeu épisodique.


Les joueurs sont en effet accoutumés au mythe de la durée de vie. L'argument de vente d'un jeu a souvent été le nombre d'heures conséquents. Or, un jeu par épisodes propose exactement l'inverse.


Par ailleurs, la distribution de jeux à ce format est difficile à mettre en oeuvre. Le mode de diffusion naturel serait internet. Mais de fait, ce sont les détaillants qui vendent en majorité les jeux. Or, sur les présentoirs, les vendeurs hésitent à mettre des jeux à 20 dollars, à côté de ceux à 60.

Publié dans Modes

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