Windows Vista : nouvelle exploitation du système

Publié le par Laurent Checola

Le dernier né de la famille de Microsoft favorise les grandes productions vidéoludiques, au détriment des développeurs indépendants.

Analyse

Le Journal du Jeu vidéo, diffusé sur Canal + le 2 février, ne tarissait pas d'éloges sur les applications vidéoludiques du nouveau Windows. Fréderic Moulin, le rédacteur en chef de l'émission, de vanter – beaux screenshots à l'appui – que le nouveau système d'exploitation autorisait les plus graphismes les plus fins, et les animations les impressionnantes.


Quelques jours avant lui, pour la sortie de Windows Vista, le marketing de Microsoft en avait fait, au moins, tout autant. Interface similaire au X-Box live, rétro-compatibilité de la manette 360 ou possibilité de jouer indistinctement sur PC ou console...Telles étaient les mesures fièrement annoncées par la firme... Pour séduire le joueur, rien n'est trop beau, et la nouvelle application est aussitôt décrite comme le plus fidèle ami de l'homo ludens. Pourquoi un tel acharnement ? Parce que Bill Gates l'a vaguement prophétisé : le 21e siècle sera à la convergence technologique ou ne sera pas...


Pourtant, Windows vista n'est pas qu'un fournisseur d'accès libre au plaisir vidéoludique. Pensé, par rapport à XP, sur le mode de la sécurité, le système entrave en réalité la possibilité d'accéder à la totalité de l'offre ludique. Quelques semaines avant l'arrivée de Windows Vista en France, des producteurs de jeu indépendants évoquaient déjà les effets pervers d'un contrôle parental accru.


En effet, Windows Vista intègre désormais les données de l'organisme américain de contrôle des jeux vidéo, l'Entertainment Software Rating Board (ESRB). C'est en outre cet organe qui catégorise les jeux, et détermine l'âge du public auxquels ils sont destinés. Le contrôle parental suppose la présentation de la fiche d'information du jeu aux parents.


Or, pour être indexé dans la base de données de l'ESRB, il faut s'acquitter d'une certaine somme, évaluée à 2000 ou 3000 dollars par les observateurs spécialisés. Les petits développeurs, ne pouvant verser une telle somme seront de fait mis au ban de la diffusion par Windows. Car sans information sur le jeu, les parents seront tentés d'en refuser l'accès... Conséquence fâcheuse, ou atteinte préméditée ?


Interrogé par la presse américaine, le directeur commercial de la division Jeux de Microsoft, Chris Donohue, a minimisé les contraintes induites par le nouveau système. Certes, les parents devront, à chaque utilisation, valider le jeu qui ne figure pas dans la base de donnée de l'ESRB. Mais il s'agirait là d'un moindre mal... Il a toutefois admis que le coût élevé pour l'indexation desservait les développeurs indépendants.


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