Le coming out d'Electronic Arts

Publié le par Laurent Checola

"Nous faisons des jeux ennuyeux comme la mort", lance, lapidaire, le nouveau président d'Electronic Arts, John Riccitiello, dans une interview accordée au Wall Street Journal. Reconnaissons au leader mondial du marché du jeu vidéo le sens de l'euphémisme. On ne compte plus les add ons des Sims, et l'exploitation déraisonnable de licences sportives comme Madden Football. Mais comment comprendre un tel coming out de cet  éminent acteur du jeu vidéo ? Les hauts responsables des grands éditeurs nous ont habitués à moins de confidences.


John Riccitiello, qui dirige le groupe depuis le mois d'avril, serait-il atteint du "syndrôme Microsoft" - une douce frénésie dans le status quo ? Sa confidence a-t-elle une quelconque valeur ? Ces derniers jours, EA semble multiplier les signes positifs de changement. L'entreprise vient d'être réorganisée en quatre pôles, dont un spécialement dédié aux jeux sur téléphone mobile. En début d'année, elle s'était délestée de filiales jugées peu rentables.


Mais la position du leader du secteur ne peut en réalité qu'être ambiguë. Les investissements sont tels que le commerce prend le pas sur le développement : dans cette logique purement mercantile, il faut avant tout rassurer les actionnaires. Et la manière la plus évidente de s'exécuter est de s'appuyer sur une licence bien connue. Rien n'empêche toutefois d'allécher les joueurs par des effets d'annonce, comme celle de John Riccitiello.


De tels propos n'ont d'ailleurs que peu convaincu  Mike Sellers, du blog Terranova. "Bien entendu, je ne m'attendais pas à voir EA abandonner des vaches à lait comme Madden, mais peut être, je dis bien peut-être j'espérais trouver quelques jeux plus originaux", commente le spécialiste. Annoncé comme le messie, le jeu Spore, censé être une révolution vidéoludique, a encore été repoussé.

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