Démagogie participative
Analyse
Microsoft a récemment révélé la mise à disposition aux joueurs d'un nouveau logiciel de création, disponible sur PC et console. La nouvelle fut immédiatement reprise par les médias influents : de Games Industry à Next Generation. La presse spécialisée s'enthousiasme de la nouvelle. "Democratise game development", applaudit Games Industry. Comme si la firme de Redmond était un apôtre des valeurs démocratiques.
Les avantages de l'éditeur, intitulé avec poésie XNA Game Studio Express, seraient nombreux : des possibilités de création presque illimitées, pour un coût nul. Tel est l'argument marketing. Le mythe de la gratuité n'a pourtant pas suscité la méfiance de nos chers confrères.
De fait, les modalités imposées par Microsoft rendent l'accès au développement assimilable à un régime ploutocratique. Car l'argent est le nerf de la création. Seule la version windows est en réalité gratuite. Le détenteur d'une X-Box 360 devra en effet se délester de 99 dollars pour accéder au très prestigieux « Creator's club ». Sur console, le logiciel impose également la possession d'un disque dur. Le pack Premium est une condition sine qua non pour utiliser XNA.
Les conditions de partage sont encore plus déroutantes. Le récepteur doit simultanément être inscrit au X-Box Live, et au Creator's Club. Aucun transfert n'est envisageable par carte mémoire. Toutefois, Microsoft s'octroyant l'exclusivité des profits, les jeux ne seront pas commercialisables. Du moins, avant la sortie - payante - de la version Professionnelle de XNA Express, au printemps 2007.
Microsoft a une manière commerciale de prôner la gratuité.