Discrédit du jeu vidéo haut-débit
Analyse
Le jeu vidéo est-il encore une industrie ? La question se pose, lorsque l'on observe l'évolution des pratiques vidéoludiques. Le joueur/consommateur n'est plus un acheteur ponctuel de produits, allouant une somme forfaitaire à son plaisir ludique. Il devient un acheteur potentiel de services, happé par le flux des offres en ligne. C'est paradoxalement par le plug-and-play, et non par le hardore gaming, que ce nouveau marché prend son essor, porté par en grande partie par le business plan de Microsoft: La firme de Redmond contribue activement à cette évolution, avec son X-Box Live, qui décline toutes les possibilités d'offres : nouveaux personnages de jeux, nouvelles cartes, mais aussi nouvelles applications, comme le qui contrairement aux apparences, n'a rien de gratuit...
Ceci n'empêche pas la presse spécialisée, Jeux vidéo magazine en tête, de graver dans leurs colonnes les dix bonnes raisons du succès de ce nouveau type de services. « Dix raisons d'y succomber », attestent les rédacteurs. Camelot du jeu vidéo, le mensuel brade sa vertu et se répand en publi-reportage. Le X-Box live constitue « un pari sur l'avenir », auquel devraient se conformer Sony et Nintendo. Les journalistes déroulent ensuite des poncifs, entretenant ainsi le mythe de la connectivité. « Affronter des joueurs du monde entier, faire partie d'une communauté, s'entraider dans les jeux, et même : regarder les autres jouer ! »
Le risible tourne au grotesque quand une fonction avouée du X-Box Live est la correction des défauts dans les jeux.
Le grotesque vire au tragique lorsque l'article évoque le téléchargement des jeux et des add-ons.
Pour les add-ons, les rédacteurs précisent que le micro-paiement concerne « de très faibles sommes » et rapportent les coûts « peu onéreux » des objets supplémentaires (comptez entre 20 cents et deux euros). Le magazine s'enthousiasme de l'initiative de Bungie, qui après avoir fait payer ses maps supplémentaires, les a finalement rendues gratuites. C'est espoir béat naît de l'ignorance la plus totale que l'offre conditionne la demande.