Minority rapports

Publié le par Laurent Checola

Analyse

Violents, abetissants ou phallocratiques. Telles sont les charges les plus régulièrement assénées à l'univers décidément impitoyable des jeux vidéo. Mais cela n'était encore rien, par rapport à de graves accusations de racisme, répétées ces derniers mois.

Tout commence lorsqu'un Californien, du nom d'Alejandro Quan-Madrid, adresse publiquement une lettre à Sony, via son blog

Images à l'appui, Quan-Madrid voit dans le jeu de plateformes sur PSP Loco Roco, la résurgence du mythe du « bon sauvage », et le retour en grâce de stéréotypes surannés. La rumeur enfle en polémique, et le blog de l'instigateur est abondamment commenté.

Mais la suspicion ne saurait être isolée. Si l'on en croit Robert Parungao, un étudiant de l'University of British Colombia qui vient de publier sa thèse de fin d'année, tous les genres vidéoludiques sont grelés de tels préjugés. Pire, dans toute la jeune histoire du jeu vidéo, le doctorant ne trouve aucune évolution des mentalités.

“Parents, government and media watchdog groups have protested the widespread violence and sexism in video games, but the blatant racism has gone largely unnoticed.”

 


Pour mettre au jour ce terrible constat, l'auteur a analysé les trames narratives de quatre jeux : Kung Fu, Warcraft 3, Shadow Warrior et Grand Theft Auto 3. Pour le titre de Rockstar, Parungao déplore en particulier le rôle systématique d'opposant alloué aux minorités.

“These stock characters are seen in a lot of games and function as narrative obstacles to be overcome, mastered or ultimately blown to smithereens by the white hero.”

 


Pourtant, les faits mêmes évoqués par l' étudiant semblent infirmer sa théorie. GTA san Andreas, ne fait rien moins qu'accorder le statut de protagoniste à un personnage de couleur. Les relations entre communautés décrites dans le jeu ne sauraient se résumer à des relations conflictuelles. La soeur du héros a pour compagnon un membre de la communauté hispanique.

Quant aux précédents opus de la série, Parungao commet une erreur d'appréciation : il aimerait accorder à GTA  3 et Vice City une valeur satirique, alors que les auteurs cherchaient à donner à leurs jeux une valeur parodique. Dans GTA 3, on ne s'immerge pas dans une réalité sociale, mais dans une fiction nourrie de codes cinématographiques, musicaux, en un mot culturels. GTA est bel et bien un jeu.

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